Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Décès tragique à Cotonou d'un homme, du fait de la violence physique exercée sur lui par son épouse : : Le message de Claudine PRUDENCIO, présidente de l’INF

Suite au décès tragique à Cotonou d’un homme, du fait de la violence physique exercée sur lui par son épouse, la Présidente de l’Institut National de la Femme (INF), Madame Claudine Afiavi PRUDENCIO a adressé un message au peuple béninois, message à travers lequel, elle dénonce cet acte de violence meurtrière, venant d’une femme, la femme pourtant réputée porteuse de vie, mère de l’humanité, la femme reconnue pour sa douceur et son calme, face aux situations même les plus éprouvantes.

Béninoises et Béninois, 

Mes chers frères et sœurs des villes et des campagnes,

C’est avec une grande consternation, que j’ai reçu, par le soin de mes services, la confirmation, de ce que j’aurais souhaité être une rumeur de mauvais goût, la mort d’un jeune et brave compatriote, des suites d’une violence physique qu’il a subie de la part de son épouse. Un fait ignoble qui s’est malheureusement avéré, et qui met en émoi tout un peuple, et en ébullition la toile.  

Chers compatriotes, 

Je partage votre indignation, voire votre colère, face à cet acte d’une cruauté rare, qui s’est soldé par une grande perte humaine, que rien ne peut combler. Un acte de violence meurtrière, venant d’une femme, la femme pourtant réputée porteuse de vie, mère de l’humanité, la femme reconnue pour sa douceur et son calme, face aux situations même les plus éprouvantes. Je souscrits entièrement à la désapprobation populaire de cet acte d’une violence inouïe.  

En de pareilles circonstances, il est de mon devoir, d’abord en tant que femme et mère, et ensuite en ma qualité de Présidente de l’institut National de la Femme (INF), d’attirer notre attention sur deux choses importantes :  

La première est relative à des clarifications sur l’instrument juridique le plus important, que l’INF utilise pour assurer sa mission de protection et de promotion de la femme. Il s’agit de la loi 2021- 11 du 20 décembre 2021 portant dispositions spéciales de répression des infractions commises à raison du sexe des personnes et de protection de la femme en République du Bénin. Cette loi réprime aussi bien les violences faites aux femmes et aux filles que celles que peuvent subir des hommes, d’où l’usage de l’expression “infractions commises à raison du sexe des personnes”, même s’il est de notoriété publique, que les statistiques depuis des décennies, établissent clairement que les femmes sont plus victimes de cette catégorie d’infractions que les hommes. 

-La seconde porte sur le rappel de la nécessité pour tout un chacun nous, en dépit de la douleur profonde que nous ressentons face à ce drame, de ne pas renoncer à notre engagement en faveur de la protection de la femme. Bien au contraire, nous devrions saisir cette malheureuse occasion, pour mener collectivement des réflexions sans concession, sur les causes des violences dans les couples et les leviers sur lesquels nous pouvons agir, pour impulser la promotion de l’harmonie dans les foyers, de la paix et de la tranquillité conjugales, gage d’une protection durable des femmes et des hommes, et de la sécurité des vies amoureuses.  

Aux familles parentes, alliées et amies du défunt, je présente mes condoléances les plus attristées et celles de l’INF. J’exprime ma proximité des plus compatissantes à toutes les personnes directement touchées par ce drame. 

Au peuple béninois tout entier, je réitère l’engagement de l’INF à accomplir sa mission de protection et de promotion de la femme sans compromettre la protection des hommes et dans le respect du caractère sacré de la vie humaine, sans distinction de sexes.  

A la justice béninoise, dont la crédibilité et l’impartialité font notre fière collective, je forme le vœu, qu’elle effectue son travail avec tout le professionnalisme reconnu à ses acteurs, et que l’œuvre de justice dans cette affaire, contribue dans la vérité, à apaiser les cœurs et prévenir la survenance de telle situation dramatique.  

? Promotion et Protection de la femme, OUI !   

? Violences faites aux femmes, NON ! 

? Mais jamais pour que la femme soit le bourreau de l’homme. 

Mme Claudine Afiavi PRUDENCIO, 
Présidente de l’Institut National de la Femme