Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Foire nationale de Doyiwé  : Un atout pour la renaissance du cassoulet dans les plats

Le Réseau de développement d’Agriculture durable (REDAD) a organisé à Tokégon dans la commune de Djidja, la première édition de la foire nationale du Doyiwé. Autorités locales, populations, producteurs, Organisations non gouvernementales ont répondu présents à cet événement. Patrice S. Sèwadé, Coordonnateur de Sojagnon Ong a expliqué l’origine de ce projet qui a conduit à cet événement inédit. « Les chercheurs, les Ongs et les acteurs dans un consortium ont décidé de réfléchir sur le Doyiwé et sa production », a t-il indiqué. C’est dans ce cadre qu’ils ont à travers des recherches accompagné les producteurs afin que la production soit améliorée. Pour lui, ils ont quitté loin et ce qui se révèle aujourd’hui est que le Doyiwé a pu renaître. Il confie par ailleurs que les travaux sont toujours en cours afin de sortir les meilleurs produits avec de meilleurs rendements. Il signale que leur vision est que le Doyiwé devienne en consommation quotidienne et non celle des fêtes de fin d’année ou des cérémonies. A l’en croire, il y a encore quelques années, notamment trois ans environ, il est difficile de produire une tonne par an. Avec les travaux et l’accompagnement des producteurs, le rendement a amélioré nettement. Il espère faire monter nettement le rendement les prochaines saisons.

Martin Agboton, Coordonnateur du projet, explique le processus ayant bouti à une telle recherche. A l’entendre, le « Doyiwé est une légumineuse comptée parmi les espèces négligées et en voie de disparition ». Il souligne qu’il peut contribuer à la sécurité nutritionnelle des ménages, car ses graines sèches contiennent environ 21,3% de protéines et de nombreux acides aminés essentiels tels que la lysine et la méthionine ». Pour lui, « Toutes les parties de doyiwé sont utilisées pour l’alimentation humaine et animale et la médecine traditionnelle ». Il pense que « La culture a aussi un fort potentiel de lutte contre l’insécurité alimentaire ». Il fait savoir que « sa disponibilité est menacée par les mauvaises pratiques agronomiques et le manque de semences de qualité conduisant à un rendement faible, etc ». C’est pourquoi explique le coordonnateur que « ensemble avec les partenaires SOJAGNON (coordonnatrice), UAC/FSA-LEA, REDAD, WUR / MCB et BAIH-Sarl nous travaillons pour lever ces contraintes à travers le projet doyiwé financé par NWO-WOTRO des Pays-Bas ». A l’en croire, « Notre ambition est de faire en sorte que le doyiwé ne soit plus perçu comme une culture réservée aux périodes de festivité, mais consommée comme les plats traditionnels de riz, maïs, etc ». Commencé le 1er Octobre 2018 et prend fin le 30 Septembre 2020, le projet a trois composantes. Martin Agboton souligne l’étude des préférences des consommateurs, transformateurs et agriculteurs béninois de doyiwé et des arrangements institutionnels nécessaires pour accroitre l’offre de doyiwé, la Caractérisation de doyiwé, et la sélection des cultivars, et l’identification des bonnes pratiques agronomiques et le Développement. Il se dit rassuré que « les travaux réalisés dans ce projet aujourd’hui nous permettent d’avoir une connaissance sur les différentes accessions disponibles, les préférences des acteurs de doyiwé, les pratiques agronomiques et la caractérisation des accessions ». L’étude sur les arrangements institutionnels qui est en cours nous informera d’ici peu sur le modèle d’affaire que le secteur privé (BAIH) qui est dans le consortium va mettre en place avec vous les producteurs pour la production et la commercialisation de doyiwé. Je vous prie alors de bien vouloir vous rendre disponibles comme d’habitude pour collaborer avec BAIH-Sarl dans les tous prochains mois pour la mise en place de ce modèle.

« On a remarqué que le Doyiwé est la légumineuse graine la plus prisée. 1 Kg de Doyiwé peut couter 1500 à 2000 francs CFA. Ça peut donc aller de 4 à 5 dollars et plus. Ça coûte plusieurs fois le prix d’un kilo de riz par exemple » explique le Dr Eric Agoï, sélectionneur de formation, membre du consortium chercheur. Cette culture, informe-t-il est d’autant plus importante qu’elle n’est connue qu’au Bénin et dans les pays voisins ». Simplement, « C’est une culture négligée dont le Bénin peut en faire une culture d’exportation », estime le chercheur. « Nous nous sommes chargés de travailler pour clarifier l’itinéraire technique pour assurer un bon rendement, développer des variétés améliorées à haut rendement avec un temps de cuisson plus ou moins réduit, des variétés qui plaisent aux producteurs, commerçants et aux consommateurs », fait savoir le chercheur. « Nous avons également identifié les différentes maladies qui embêtent la culture et nous travaillons à trouver les moyens de gestion de ces maladies afin de proposer aux producteurs, les meilleurs moyens, les meilleures techniques de production. Et si le gouvernement pourrait en faire un produit prioritaire, cette culture pourrait être promu et apportée de la devise au pays », a indiqué Dr Eric Agoï. Il rassure de ce qu’« On a des variétés que nous allons bientôt introduit au catalogue national et dès lors qu’elles seront inscrites au catalogue national, les semences seront disponibles aux producteurs et nous aurons de meilleurs rendements. Nous rêvons que les producteurs récoltent jusqu’à deux tonnes par hectare ».

Acteur clé dans le projet, Spécialisé en culture rare en disparition, le professeur Vodounhè explique que plusieurs graines ont disparu alors qu’elles étaient prisées par nos ancêtres. Avec plus de 40 ans d’expérience en matière de recherches dans le domaine, il explique comment les produits en disparition sont ressuscités grâce à la recherche. Le professeur avoue que ces cultures n’existent plus dans les marchés alors que ces graines sont importantes pour l’organisme. « Nous sommes en train de travailler pour que ces cultures reviennent de plus belles », rassure le professeur Vodounhè. Il souligne que « C’est par ignorance que nous avons laissé ces spéculations disparaître. Le professeur estime que c’est parce que nous n’avons pas compris beaucoup de chose que nous laissons ces cultures disparaître ». Le professeur confie que plusieurs travaux ont été faits dans ce sens. A l’entendre, aujourd’hui nous parlons de Doyiwé, « C’est une lentille qui a été cultivée pendant des années et est abandonnée après et qui a presque disparu. Toute chose qui fait craindre puisque quand on demande ce que produit de façon spécifique chaque pays et qui est le sien, nous n’en aurons rien puisque le maïs est venu d’ailleurs, le riz nous avons le nôtre que mais ce que nous mangeons aujourd’hui vient d’ailleurs ». Pour ce dernier, «  Nous avons donc laissé toutes nos propres cultures et, laisser le doyiwé serait un crime ». « C’est un produit important pour l’organisme et qui une fois commercialisée fait de devises pour les producteurs », a-t-il signalé. « Au regard des difficultés de sa production, le projet travaille à ce qu’elles soient allégées et fassent un bon rendement à l’hectare. Aussi les maladies qui attaquent lentilles sont en train d’être étudiées »

Il faut préciser qu’au cours de cette foire, neuf producteurs ont exposé et trois d’entre eux ont été primés. Toute chose pour valoriser ce que font les producteurs pour l’augmentation de la production du doyiwé.

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