Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Elections américaines  : Quatre ans de Donald Trump à la Maison Blanche résumés en 14 dates

Défiance vis-à-vis des règles internationales, « enquête russe » et procédure de destitution, rapprochement avec la Corée du Nord…, les quatre années du 45e président des Etats-Unis ont été intenses.

Par Romain Geoffroy

De son élection surprise à la tête des Etats-Unis, en novembre 2016, à la campagne pour sa réélection, en 2020, Donald Trump a passé quatre ans à bousculer les codes de la politique américaine.

Depuis son emménagement à la Maison Blanche, le républicain a eu le temps de tweeter des dizaines de milliers de fois, tout en revenant sur plusieurs accords internationaux signés par les Etats-Unis, mais il a aussi échappé à une tentative de destitution et connu la plus grave crise sanitaire du XXIe siècle.

Ses détracteurs comme ses plus fidèles soutiens s’accorderont sûrement sur un fait : le président américain n’a laissé à personne le loisir de s’ennuyer durant son premier mandat. Retour sur ses quatre années à Washington :

27 janvier 2017

 

Etats-Unis

 

Le « Muslim ban » crée le chaos dans les aéroports américains

Dès le début de son mandat, le nouveau président prend une décision très critiquée. Une semaine après s’être installé à la Maison Blanche, Donald Trump signe un décret imposant une interdiction d’entrée sur le territoire à des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, pour quatre-vingt-dix jours. Tous les réfugiés sont, eux, interdits d’entrée pour cent vingt jours. M. Trump affirme qu’il s’agit de « protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis ». Un chaos gagne les aéroports aux Etats-Unis avec la détention de passagers dès leur arrivée et des agents de sécurité aux frontières ne sachant pas comment appliquer cette décision. La levée de boucliers est immédiate, avec des manifestations organisées dans tout le pays pour dénoncer une mesure discriminatoire envers les musulmans. Le décret sera rapidement bloqué par des tribunaux.

6 avril 2017

 

Homs (Syrie)

 

Premières frappes américaines contre le régime syrien

Il s’agit de la première attaque directe de l’armée américaine contre le régime de Bachar Al-Assad en Syrie. Alors qu’il avait assuré ne pas vouloir jouer le rôle de « gendarme du monde », Donald Trump décide subitement de passer à l’offensive. Le 6 avril, deux jours après le bombardement à l’arme chimique, imputé au régime syrien, d’un village rebelle, 59 missiles Tomahawk américains frappent ainsi une base de l’armée syrienne située près de Homs.

1er juin 2017

 

Etats-Unis

 

Retrait de l’accord de Paris sur le climat

 

« Afin de remplir mon devoir solennel de protection de l’Amérique et de ses citoyens, les Etats-Unis se retireront de l’accord de Paris sur le climat. » Au risque de provoquer une onde de choc mondiale pour les 194 autres pays signataires de ce texte historique, le président climatosceptique acte le 1er juin 2017 une promesse de campagne, après des semaines d’atermoiements. Donald Trump entend ainsi respecter son slogan « L’Amérique d’abord », car il estime que l’accord de Paris est mauvais pour les travailleurs et l’économie de son pays et qu’il offre aux autres nations un avantage déloyal.

12 août 2017

 

Charlottesville

 

Une manifestante tuée par un suprémaciste blanc à Charlottesville

 

« Je pense qu’il y a des torts des deux côtés. » Cette phrase lancée par le président américain quelques jours après la mort d’une militante antiraciste écrasée par un néonazi provoque une vague d’indignation dans tout le pays.

 

Samedi 12 août, des groupes radicaux, suprémacistes et nazis s’étaient rassemblés à Charlottesville, en Virginie, pour protester contre le projet de retrait d’une statue du général confédéré Robert Lee, considéré comme un défenseur de l’esclavagisme. Une contre-manifestation avait attiré un grand nombre de manifestants antiracistes, donnant lieu à des altercations entre les deux groupes. En début d’après-midi, un véhicule conduit par James Fields, un néonazi de 20 ans, fonçait dans un groupe de militants antiracistes, blessant une trentaine de personnes et tuant Heather Heyer, militante antifasciste. En juin 2019, James Fields a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

12 octobre 2017

 

Etats-Unis

 

Les Etats-Unis se retirent de l’Unesco

 

Jugeant l’instance mal gérée et trop critique à l’égard de son allié Israël, l’administration Trump annonce le 12 octobre 2017 le retrait des Etats-Unis de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Tout au long de son mandat, Donald Trump n’aura de cesse de s’en prendre aux instances onusiennes. Il dénonce « la bureaucratie » et la « mauvaise gestion » de l’Organisation des Nations unies (ONU), dont il réclame une réforme alors que Washington est le premier contributeur financier de l’organisation. En 2018, les Etats-Unis cesseront de financer l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et quitteront le Conseil des droits de l’homme (CDH).

6 décembre 2017

 

Etats-Unis

 

Washington reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël

C’était l’une des promesses emblématiques de sa campagne. Le 6 décembre 2017, le 45e président des Etats-Unis reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël. Accédant à une demande ancienne de l’Etat hébreu, cette décision historique fait le bonheur du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, mais suscite la colère des Palestiniens et une vague de réprobation au Proche-Orient et ailleurs dans le monde. M. Trump refuse de se prononcer sur un partage de la ville, qu’Israël exclut, et n’évoque pas la revendication des Palestiniens qui veulent, eux aussi, y installer la capitale d’un éventuel Etat palestinien.

 

Le président a en fait mis en œuvre une décision votée par le Congrès américain en 1995, mais gelée jusque-là au motif qu’elle pouvait perturber le processus de paix lancé en 1993 entre Israéliens et Palestiniens. Au-delà de son poids symbolique, cette annonce a entraîné le déménagement de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem (en mai 2018).

8 mai 2018

 

Etats-Unis

 

Retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien

 

Donald Trump n’avait eu de cesse de qualifier de « désastreux » cet accord conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate, Barack Obama. Le 8 mai 2018, le président américain est passé aux actes en retirant unilatéralement les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. En vertu de cet accord, conclu entre l’Iran, les Etats-Unis, la France, la Russie, le Royaume-Uni, la Chine et l’Allemagne après de très longues négociations, Téhéran avait accepté de réduire ses activités nucléaires en échange d’une levée progressive de la majeure partie des sanctions internationales qui le visaient. En dénonçant cet accord, Washington a ainsi réactivé ses sanctions contre l’Iran, sans pour autant parvenir à convaincre les autres signataires de faire de même. En représailles au retrait américain, Téhéran continue d’enrichir de l’uranium et d’utiliser des centrifugeuses plus perfectionnées que celles autorisées par l’accord.

12 juin 2018

 

Singapour

 

Une poignée de main historique entre Donald Trump et le leadeur nord-coréen Kim Jong-un

 

Après une dangereuse escalade des tensions au début de son mandat, le président Trump crée la surprise en acceptant, en juin 2018, un sommet historique avec Kim Jong-un, à Singapour. Des images longtemps inimaginables tant M. Trump n’arrêtait pas jusque-là de moquer le leader nord-coréen, qu’il surnommait même « Rocket Man ».

 

Mais malgré trois rencontres, dont une sur le sol nord-coréen en juin 2019 (une première pour un président américain), aucun progrès n’a été réalisé en matière de dénucléarisation de Pyongyang. Les discussions sont désormais officiellement à l’arrêt depuis de nombreux mois. Donald Trump continue néanmoins de vanter son entente avec le dirigeant nord-coréen comme l’un des acquis de sa présidence.

6 novembre 2018

 

Etats-Unis

 

« Midterms » : Donald Trump perd sa majorité au Congrès

 

A l’issue des élections de mi-mandat du 6 novembre 2018, les républicains perdent le contrôle de la Chambre des représentants, qui revient aux démocrates. Profitant d’une élection aux airs de référendum sur la présidence de Donald Trump et la promesse de protéger la couverture santé, les démocrates ont réussi à s’emparer de la chambre basse pour la première fois depuis 2010. Les républicains conservent cependant leur majorité au Sénat.

18 avril 2019

Etats-Unis

 

« L’enquête russe »

Entamée au printemps 2017, « l’enquête russe » du procureur indépendant Robert Mueller porte sur les possibles liens entre le gouvernement russe et la campagne présidentielle de Donald Trump de 2016. Dans les 448 pages du rapport publié en avril 2019, le procureur spécial conclut bien à la tentative d’ingérence du Kremlin, mais ne parvient pas à prouver de complicité volontaire américaine. Sur l’obstruction à la justice reprochée au président, le procureur se dit incapable de trancher, et le ministre de la justice, William Barr, s’empresse de dire qu’il n’y aura pas de poursuites contre Donald Trump.

Deux mois après la publication de son rapport, Robert Mueller sort de son silence et réaffirme la réalité des « efforts multiples et systématiques » mis sur pied, selon lui, « pour nuire à un candidat », la démocrate Hillary Clinton. Revenant sur les soupçons d’obstruction dont aurait pu se rendre coupable le président des Etats-Unis, il explique que ce sont les directives du ministère de la justice, et non l’absence de preuves, qui l’ont empêché de tirer la moindre conclusion de ses travaux.

26 octobre 2019

 

Baricha (Syrie)

 

Mort d’Abou Bakr Al-Baghdadi

 

Quelques jours après avoir abandonné à leur sort les forces kurdes en retirant ses troupes du nord de la Syrie, le président américain annonce, le 26 octobre, la mort d’Abou Bakr Al-Baghdadi. Le chef et fondateur de l’organisation Etat islamique (EI) a été tué lors d’un assaut des forces spéciales américaines, dans un complexe de la province d’Idlib, où il résidait, dans le nord-ouest de la Syrie.

5 février 2020

 

Washington

 

La tentative de destitution ratée

 

Visé par une procédure de destitution, la première depuis celle contre Bill Clinton, en 1998, Donald Trump a été acquitté par le Sénat, le 5 février 2020. Contredisant la Chambre des représentants, à majorité démocrate, le Sénat a estimé, par 52 voix sur 100, que M. Trump ne s’était pas rendu coupable d’abus de pouvoir ; et par 53 voix sur 100, il a également estimé qu’il ne s’était pas rendu coupable d’entrave à la bonne marche du Congrès. L’opposition réclamait la destitution du président américain pour avoir essayé de forcer l’Ukraine à « salir » son possible adversaire à l’élection présidentielle, Joe Biden, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre. Pendant toute cette affaire, M. Trump s’est dit victime d’une chasse aux sorcières orchestrée par les démocrates, qui n’auraient pas digéré sa victoire surprise de 2016.

6 février 2020

Californie

 

Avec l’annonce du premier mort du Covid-19, les Etats-Unis entrent dans la crise sanitaire.

Après l’annonce d’un premier décès dû au Covid-19 aux Etats-Unis, le 6 février, le président américain et son entourage minimisent la dangerosité du virus et accusent le camp démocrate de manœuvres de déstabilisation. « Ils ont essayé l’imposture de la mise en accusation [dans l’affaire ukrainienne], c’est leur nouvelle imposture », dira M. Trump. En avril, il affirme, sans preuve, que des rayons UV et un désinfectant injecté dans les poumons pourraient lutter contre le coronavirus. En septembre, il confie au journaliste Bob Woodward qu’il a volontairement dissimulé aux Américains la gravité de la situation pour « ne pas créer de panique ». Accusant l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’avoir tardé à réagir face à la pandémie, Washington lance officiellement, en juillet, la procédure pour quitter l’instance onusienne.

Le 1er octobre, il annonce avoir été diagnostiqué positif au Covid-19, tout comme sa femme, Melania. Le président est hospitalisé durant trois jours avant d’être autorisé à retourner à la Maison Blanche et de relativiser la maladie : « N’ayez pas peur ! », lance-t-il aux Américains en enlevant ostensiblement son masque. Fin septembre, le pays déplorait plus de 200 000 décès dus à cette pandémie.

25 mai 2020

Minneapolis

 

Mort de George Floyd et manifestations contre le racisme

Le meurtre de George Floyd, un Afro-Américain étouffé sous le genou d’un policier blanc le 25 mai à Minneapolis (Minnesota), mobilise des centaines de milliers d’Américains. Dans tout le pays, des citoyens manifestent pour dénoncer le racisme systémique. Depuis, Donald Trump n’a cessé de dénigrer le mouvement Black Lives Matter, à l’origine de nombreuses manifestations à travers le pays, estimant qu’il « faisait beaucoup de mal à la communauté noire ». Pour décrédibiliser le mouvement de protestation après la mort de George Floyd, le locataire de la Maison Blanche a accusé les mouvances d’extrême gauche (les « antifas ») d’être responsables de violences dans de nombreuses villes.