Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Enfance et sports  : Les aspects positifs des arts martiaux sur les enfants

Les arts martiaux : beaucoup d’enfants le pratiquent mais certains parents trouvent qu’il y a de la brutalité et ceci n’est pas bon pour les enfants. Dans cette entrevue avec Maître (Shifu) Alex Dénagnon ATINDÉHOU nous allons comprendre les bienfaits des arts martiaux sur les enfants et spécialement le wushu.
1- qu’est-ce qu’un art martial?
Un art martial est d’abord un ensemble d’exercices ou de techniques codifié.e.s axés sur le développement des capacités de combat.
Un art martial a deux dimensions : une dimension physique et une dimension philosophique.
La dimension physique regroupe les exercices de forme (taolus, katas, poomse, etc. selon l’origine de l’art martial) et les exercices de combat (Sanda, Kumité,…).
La dimension philosophique touche plus à l’essence ou à la réflexion, voire la méditation. Entre les deux, il y a une charpente d’exercices tant physiques que méditatifs pour faire du pratiquant un être physiquement sain et équilibré intellectuellement et mentalement. A l’origine les arts martiaux étaient pour la défense personnelle ou pour la guerre. Aujourd’hui, leur modernisation les a amené avec le cinéma et la compétition dans une logique de démonstration artistique. Ce qui appuie un peu plus le mot “art” qui compose les termes arts martiaux. On parle donc aujourd’hui autant d’artiste martial que de pratiquant d’un art martial (ce dernier élèvant sa pratique au niveau sublime d’un “art”).
2 qu’est-ce que le wushu
Le Kung Fu ou Wushu ou Kung Fu Wushu désignent les arts martiaux chinois. Historiquement, les 1res traces codifiées datent de 3000 ans avant JC.
Il est aussi historiquement admis que c’est l’ancêtre ou la mère des arts martiaux modernes asiatiques.
Les arts martiaux chinois peuvent se classifier en différentes familles selon la zone (généralement le nord et le sud), la philosophie ou l’origine (Shaolin [bhoudhisme] et wudang [taoïste]), l’utilisation de la force brute ou de l’énergie (styles externes ou internes), la compétition (formes traditionnelles et formes modernes, encore que là, il y a une une nomenclature internationale pour les formes modernes)…
Bref c’est un sujet vaste et passionnant. Ajoutons cependant que les idéogrammes wu shu signifie littéralement “art qui s’oppose à la violence”.
3 – Qu’est ce que le Taichi ?
Le taijiquan encore écrit taichi chuan (écriture occidentale) est un art martial chinois, donc faisant partie du Kung Fu ou Wushu (voir la définition plus haut), qui aurait été créé par un moine taoïste du nom de Zhang Sanfeng au 13e siècle après JC.
Mais les véritables traces du taiji et de son créateur viennent avec Chen Wangting. On parlait donc à l’origine du Taiji Chen. Il n’était pas admis à l’époque d’enseigner des étrangers à la famille pour différentes raisons dont notamment la préservation de la défense de la famille ou de la tribu. Cependant, un étranger à la famille a appris en cachette en observant la pratique auprès des Chen. Il s’appelait Yang. Du coup, il a modernisé le taiji et a transmis sa forme sous le nom de taiji yang. De là à ce qu’apparaissent différentes formes de taiji, c’était naturel.
Le taiji, comme d’autres styles internes, met l’accent sur l’énergie interne, sur la concentration, sur la respiration, sur l’harmonie avec l’environnement. On l’appelle le sport du troisième âge car il est pratiqué avec un rythme souple et lent qui fait que des adultes d’un âge avancé peuvent le pratiquer aisément. Il apporte vitalité et quiétude. Il ne nécessite pas de mouvements à haute sollicitation physique. Mais qu’on ne s’y trompe : ça reste un style de combat efficace et redoutable pour les initiés qui pratiquent le taiji de combat.
4-Que peut apporter l’art martial à un enfant qui le pratique
Pour un enfant, la pratique d’un art martial entraîne plusieurs avantages dont :
– le développement des capacités et habiletés physiques, motrices et intellectuelles ;
-la canalisation de l’énergie (conditionnement au self-control) ;
– la confiance en soi ;
– le développement des vertus intellectuelles.
5-Certains parents trouvent que les arts martiaux poussent les enfants à être violent. En tant que maître pouvez-vous nous dire ce qu’il en est ?
Il faut nuancer.
Déjà il faut observer qu’un enfant qui était non violent à l’origine ne va pas devenir un enfant violent avec la pratique d’un art martial. C’est en quelque sorte les enfants qui ont un trop plein d’énergie qui sont peut être bagarreurs au début de la pratique et ça peut se comprendre : certains ont envie d’essayer les choses nouvelles qu’ils apprennent. Cependant cela se corrige au fur et à mesure de la pratique. Le formateur dispose d’un certain nombre d’exercices physiques pour le vider de son trop plein d’énergie.
Ensuite il faut ajouter qu’il est important d’ajouter la valeur philosophique des arts martiaux dans l’enseignement à donner de manière à ne former des enfants mentalement équilibrés. Il s’agit donc de leur inculquer les valeurs de la non violence, de l’honnêteté, du respect d’autrui, de la sociabilité, de l’esprit d’équipe, etc. Ici aussi il y a des exercices de réflexion à faire. Souvenez vous des questions de Kwa Chang Kane à son maître dans la série Kung Fu pour ceux qui ont eu la chance de voir cette série.
Pour finir, si malgré cela un enfant reste violent, il faudra rechercher dans son environnement, les causes psychologiques de sa propension à agir. C’est donc que le maître doit avoir un regard autant de formateur physique, intellectuel, mental (psychologique).
Dans la tradition des arts martiaux, l’apprenant qui désire apprendre les arts martiaux reconnaît le maître comme la figure paternelle. C’est dire la responsabilité de ce dernier envers l’élève et les obligations disons filiales de l’élève envers le maître. Voici la véritable nature du lien entre l’élève et le maître dans la tradition des arts martiaux.
6-Comment peut-on inscrire les enfants chez Maître (Shifu) Alex Dénagnon ATINDÉHOU
Pour inscrire un enfant, il y a certaines formalités à observer dont notamment :
– une fiche de renseignement à remplir (avec la signature du parent ou tuteur légal) ;
– le respect des règlements intérieurs ;
– le paiement des droits d’adhésion et frais de mensualités ;
– le paiement de la tenue de travail.
Le numéro utile est le 97686988 pour informations complémentaires.
Entrevue réalisée par Karimath Foumilayo Lawani
Chroniqueuse santé et éducation