Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

LANCEMENT DU RAPPORT «CHASSÉS POUR PLANTER DES COCOTIERS EXPULSIONS FORCÉES POUR LE TOURISME ET L’AMÉNAGEMENT DU LITTORAL AU BENIN : Amnesty International fustige et plaide pour le respect des droits humains et internationaux

Les responsables d’Amnesty International Bénin ont animé dans la matinée du jeudi 7 décembre 2023 dans les locaux de l’hotêl Casa Cielo à Cotonou une conférence de presse afin de présenter aux professionnels les conclusions issues du rapport « Chassés pour planter des cocotiers, expulsions forcées pour le tourisme et l’aménagement du littoral au Bénin ». Objectif, faire part des violations des droits de l’homme et international constatés par l’institution.

« Chassés pour planter des cocotiers, expulsions forcées pour le tourisme et l’aménagement du littoral au Bénin », tel est le titre du rapport effectué par les responsables d’Amnesty International sur des missions de recherches menées au Bénin entre 2022 et 2023 dont les conclusions du rapport ont été présentées au public et aux professionnels des médias le jeudi 7 décembre 2023. Sans langues de bois, Samira Daoud, Directrice régionale Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale dans ses propos présenté le contexte dans lequel Amnesty International qui est une association nationale convaincue que lorsque les droits humains sont en jeu, chaque combat mérite une victoire a travaillé de 2022 à 2023 afin de produire ce rapport. Pour elle, depuis l’avènement de la rupture, le tourisme est devenu un des projets phares dont le gouvernement béninois a décidé d’accompagner et c’est dans cette optique qu’ils ont décidé d’expulser certaines populations afin d’aménager le littoral en plantant des cocotiers. Sans être contre le projet du gouvernement, elle dénonce les violations du droit humain telles que l’absence ou l’insuffisance de consultation des communautés affectées, la faible indemnisation des personnes déguerpies pour leur réinstallation et l’absence de recours juridique observés par la mission entre 2022 et 2023 dans le cadre de ce projet gouvernemental. « Je regrette les conditions dans lesquelles ces expulsions ont été effectuées, car elles n’ont respecté aucun droit humain et économique, et dans ce rapport vous verrez que toutes ces populations souffrent aujourd’hui à cause des répercussions sur les droits socio-économiques des personnes chassées sur leurs lieux d’habitations » a-t-elle signifié. Abondant dans le même sens que la directrice régionale Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale Fabien Offner, Chercheur principal sur le Bénin d’Amnesty International a expliqué que son institution a travaillé sur près de quatre quartiers ou villages de ville de Cotonou à Ouidah ou des milliers de personnes ont été victimes d’expulsions forcées depuis 2021. « Amnesty International a observé des manquements des autorités béninoises au droit national et aux obligations du droit international des droits humains commis avant, pendant et après les expulsions » a-t-il déclaré. Observant les manquements observés sur le projet de développement touristique du littoral, Dieudonné Dagbéto a expliqué que Amnesty International dans ce rapport a effectuées cinq recommandations au gouvernement béninois afin de ne pas bafouer les droits de ces derniers avant, pendant et après afin que les droits humains , économiques et culturelles soient respectés par les institutions en charge de ce vaste projet car selon le rapport de nombreuse personnes ont perdu leur emploi ou ont vu leurs conditions de travailler se dégrader avec des conséquences sur leurs différents droits(économiques, sociales et culturelles).

Des témoignages pour illustrer les résultats du rapport d’Amnesty International Bénin….

Présents à cette cérémonie de lancement du rapport « « Chassés pour planter des cocotiers, expulsions forcées pour le tourisme et l’aménagement du littoral au Bénin » Rigobert et Théophile Cakpo tous riverains du quartier Fiyégnon sur le long de la berge lagunaire ont expliqué les conditions dans lesquelles leurs expulsions ont été effectuées et ceux qu’ils sont devenus aujourd’hui. « Nous avons été informés de notre expulsion un soir aux environs de deux heures du matin et le matin vers 14 h les autorités sont venues sont expulsés, nous n’avons rien pris et rien préparés pour se reloger et aujourd’hui nous vivons au bord des voies, ou chez des amis » ont-ils laissés entendre. Répondant aux questions des professionnels de médias sur ce rapport effectué par Amnesty International la directrice régionale Afrique de l’Ouest et Afrique centrale a estimé que l’institution Amnesty International est dans une démarche de plaidoyer auprès des autorités béninoises pour que les droits de ces derniers soient respectés. « Nous n’allons pas en guerre contre les autorités béninoises, notre objectif est de permettre à ce que les riverains qui sont sur l’axe de ce projet puissent être traités dans les bonnes conditions et que leur loi soit respectée, car le projet mis en place est un bon projet, nous fustigeons juste la manière dont les choses se passent surtout l’opacité qui les entoure ». Signalons que ce rapport « Chassés pour planter des cocotiers, expulsions forcées pour le tourisme et l’aménagement du littoral au Bénin » est subdivisé en trois parties avec près de 80 pages et que plusieurs autorités (ministre du cadre de vie et du développement, Ministre de la sécurité publique et autre institution) ont été approchées par Amnesty International pour présentation.


La Rédaction …..

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