Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Facebook s’apprête à investir dans la French tech

A Paris, Facebook vient d’embaucher un patron des start-ups et du business développement en capital-risque, un poste nouvellement créé. Le réseau social veut profiter de l’écosystème parisien en plein essor pour appliquer sa stratégie développée en Israël et diversifier ses revenus.

Salomon Aiach, jusqu’alors “Associate” au sein de Goldman Sachs à New York, rejoint les rangs de Facebook France. Ce Franco-Américain formé à Boston et passé par Capgemini outre-Atlantique a été recruté par le bureau parisien du réseau social en tant que “Head of Start-up and Venture Capital Business Development”. Facebook France reste discret sur cette arrivée et sur ses ambitions en la matière, repoussant sa communication à la fin de la crise du Covid-19.

Ce poste nouvellement créé comprend un périmètre très large : Salomon Aiach va chapeauter l’ensemble des activités start-up de Facebook en France, ainsi que le développement business d’une activité de “Venture Capitalism” (VC) dans l’Hexagone, à savoir la prise de participation dans des jeunes pousses à forte croissance. Le responsable pourrait s’allier ainsi avec d’importants fonds de capital-risque de Paris.

Arrivée d’un nouveau responsable du “Start-up Garage”

Ce recrutement montre un changement de doctrine concernant le “Venture Capital” au sein de Facebook : le réseau social qui a lancé en 2018 son “Start-up Garage” au sein de Station F, l’incubateur parisien de Xavier Niel, se refusait jusqu’à présent à investir dans les entreprises qu’il “accompagnait”. Le programme “Start-up Garage”, dont la 4e édition française doit – en principe – débuter au printemps pour une durée de six mois, a aidé par le passé au travers du mentorat des jeunes pousses françaises, à l’instar de Welcome to the Jungle ou du média Jam.

Depuis 2019, des déclinaisons régionales ont aussi été lancées dans le grand Ouest, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie, avec les partenaires WeSprint, Startup Palace et Marseille Innovation (LLA du 14/02/20). Cette arrivée opérationnelle de Salomon Aiach intervient alors que Caroline Matte, la responsable du “Start-up Garage” depuis sa création, a quitté ses fonctions en février. Le groupe finalise actuellement le recrutement de son successeur qui pourrait être établi à Paris ou à Londres, où Facebook a développé un accélérateur de start-ups dénommé LDN_Lab.

Une stratégie développée dans la start-up nation Israël

Le positionnement de la plateforme de Mark Zuckerberg sur le créneau du capital-risque est important au sein de sa filiale en Israël, considérée comme une “start-up nation” et un “hub” important du réseau en dehors des Etats-Unis. L’entrepreneur israélien Ofer Shaltiel a été le premier responsable des partenariats VC à travers le monde pour Facebook, avant d’intégrer en début d’année le réseau Snapchat en Israël.

Cette nouvelle source de revenus pour le réseau social est actuellement développée dans plusieurs pays, alors que le groupe tente de faire évoluer son modèle économique après la crise provoquée par l’affaire Cambridge Analytica. Outre la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et Singapour sont des cibles prioritaires pour cette activité de “Venture Capital”. L’été dernier, Facebook Israël a aussi lancé depuis ses bureaux de Tel Aviv un “Playground”, une structure accueillant de nombreuses start-ups pour les aider à grandir et qui vise à former 15 000 personnes par an. À Tel Aviv, Roni Bonjack, une ancienne de Google, est la responsable des programmes en charge des développeurs pour l’ensemble de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA).

Le réseau social a aussi lancé un “Tech Leadership Program” destiné aux développeurs seniors, d’abord en Italie, avant de le décliner en Ukraine et au Liban. Il a par ailleurs créé “Startup Circles”, un programme dédié aux aspirants entrepreneurs. Autant d’initiatives qui pourraient voir le jour dans l’Hexagone et permettre de trouver la future pépite dans laquelle investir, le groupe ayant fait l’acquisition de dizaines d’entreprises à l’international depuis plusieurs années.

Pierre-Anthony Canovas