Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

BÉNIN/DÉVELOPPEMENT : Promotion de la filière Manioc au Bénin.

Par Magloire LOHOU

Ingénieur-Formateur

Le 29 octobre 2020

À tout seigneur tout honneur !

La filière Manioc mise sur orbite serait à l’honneur au Bénin

Lorsque tout compatriote béninois intéressé par les questions essentielles de développement de notre commune patrie parcourt de long en large le document intitulé :

Les 45 projets phares de Patrice Talon dénommé

<< Bénin Révélé >>… en 2016, Il est aisé de faire la lecture des points importants inscrits au titre des filières agricoles au niveau de :

II] Agriculture

7. Filières Haute Valeur Ajoutée

(ananas, anacarde, produits maraîchers) ;

8. Renforcer les filières conventionnelles (riz, maïs, manioc) ;

9.Etc…

Il est alors loisible de constater :

Que la filière Produits maraîchers a glissé au point 8. en remplacement de la filière Manioc.

La filière Produits maraîchers jadis inscrite au titre des Filières à Haute Valeur Ajoutée sur le même palier que ananas et anacarde a été déclassée en quittant le point 7. cette filière est passée au point 8. pour prendre la place de la filière Manioc.

Donc naturellement la  Filière Manioc gagne une promotion en se positionnant au niveau des Filières du point 7. sur le même palier que ananas et anacarde en remplacement de Produits maraîchers.

Cela ne devrait étonner personne dans la mesure où la chaîne de valeurs ajoutées créées par la transformation du manioc est immense et parfois échappe à l’attention du public moins avisé sur les questions de promotion des Filières au niveau de l’agriculture en Afrique et particulièrement au Bénin.

En plus de tout le bien que l’on est contraint de reconnaître au manioc à travers le produit Gari connu universellement de tous partout au monde, d’autres produits telle que la liqueur dénommée “Tacotaco” produite par les industries chinoises délocalisées au Bénin gagne énormément de terrain.

De l’alcool (un breuvage comestible à l’instar du Sodabi local) extrait des racines fraîches de tubercules de manioc commercialisé au Bénin et éventuellement à l’exportation dans le monde entier.

De ce point de vue le manioc ne pouvait plus figurer au palier des Filières conventionnelles à renforcer mais devient de fait une filière à Haute Valeur Ajoutée.

Cela explique en partie le fait que le prix du Gari est en nette augmentation et s’achète actuellement à 400 francs CFA le kilogramme.

Les petits producteurs de manioc, les très petites entreprises agricoles familiales se ruent vers les industries chinoises pour écouler leur maigre production obtenue à la daba.

Le secteur privé agricole s’adonnant à la culture du manioc devrait être de fond en comble réformé par les gouvernants en vue de la revalorisation de la filière à travers une plus forte productivité.

Bientôt si rien n’est fait et que nous n’y prenons garde notre Gari, l’ami intime du Béninois connaîtra d’autres flambées de son coût et pourrait s’acheter au-delà d’un dollar US chez nous.

Donc AVIS aux décideurs de prendre la mesure réelle et objective de la situation de cette importante filière que représente le manioc dans la constitution du PIB.

La croissance de 6,3 projetée à l’horizon 2021- 2023 au titre de l’économie nationale ne pourrait concrètement se réaliser en dehors des Filières agricoles de rente et vivrières.

Il urge que le Gouvernement s’y penche sérieusement et avec une attention soutenue.

En tout cas le Président Patrice Talon veille au grain ; cela va sans dire !

Vive la République !

Vive le Bénin !