Le consortium SOS Civisme Bénin – Groupe Banouto a procédé, vendredi 13 février 2026 au lancement du « Stop corruption, Stop Vbg ». Initiative innovante de lutte contre la corruption et les violences basées sur le genre au Bénin, le projet mis en œuvre avec l’appui d’Expertise France du groupe AFD met l’accent la corruption sexuelle et la sextortion qui affectent les femmes et les filles.

Encourager la libération de la parole autour des cas de corruption sexuelle et de sextorsion, contribuer au renforcement des mécanismes de dénonciation et de protection des victimes, outiller les médias pour documenter ces pratiques et contribuer à l’amélioration du cadre légal et institutionnel. Tels sont les objectifs que poursuit le consortium formé par l’Ong SOS Civisme Bénin et le média Banouto à travers le projet « Stop corruption, Stop VBG ».
Ce projet a été officiellement lancé, vendredi 13 février 2026 à Cotonou, en présence d’autorités politico-administratives, de partenaires et de bénéficiaires. Il répond à un problème réel et préoccupant, à savoir la corruption sexuelle et la sextorsion qui demeurent malgré les avancées sur les plans institutionnel et législatif. Souvent tues et parfois banalisées, la corruption sexuelle et la sextorsion ont de graves conséquences sur les victimes, majoritairement des femmes et des filles. Selon les statistiques du Centre national d’investigation numérique, les femmes et les filles constituent 69% des victimes de sextorsion.
La mobilisation autour du projet se veut un signal fort dans la lutte contre ces infractions. « Ce lancement est bien plus qu’une cérémonie ; il marque le début d’un effort structuré et coordonné pour renforcer la prévention, la sensibilisation, la dénonciation et la répression de ces pratiques », a souligné Estelle Akpa-N’Kakou, Directrice exécutive de SOS Civisme Bénin, au nom du consortium.
Suivant une approche globale, le projet entend contribuer la création d’un environnement sûr pour chaque femme et fille. « Par ce projet, nous voulons construire un environnement où aucune étudiante, aucune travailleuse ne devra choisir entre sa dignité et son diplôme, ses ambitions », a fait savoir Estelle Akpa-N’Kakou.
D’une durée de 18 mois et couvrant les communes de Cotonou, Porto-Novo, Parakou et Abomey-Calavi, le projet est mis en œuvre avec l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD), à travers Expertise France. Agathe Durant, représentante du partenaire, a salué l’initiative du consortium et s’est réjouie de son lancement.
« Notre présence ici n’est pas seulement le signe d’un appui financier, c’est le témoignage d’une foi inébranlable en la capacité des acteurs locaux à transformer les défis sociétaux en leviers de progrès », a-t-elle confié. Tout en félicitant le consortium, elle a souligné que l’« engagement continu » du partenaire « sera guidé par l’exigence de résultats concrets et par la fierté de contribuer à un Bénin plus juste et plus inclusif ».
Le projet a un important volet médiatique : outillage et accompagnement des journalistes en investigation pour la mise en lumière des faits de corruption sexuelle et de sextorsion, mise en place d’un cercle de journalistes proactifs sur la thématique, et production et publication de contenu de lutte contre les désordres de l’information liés au genre. La représentante de la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (Haac), Inès Gnimagnon Kobo, Secrétaire générale adjointe de l’institution, a félicité Groupe Banouto et SOS Civisme Bénin pour cette approche. Elle a assuré le consortium du soutien de l’instance de régulation des médias pour l’atteinte des objectifs.
Procédant au lancement officiel du projet, Dr Euloge Francis Atadé a salué l’ambition du projet de promouvoir la qualification juridique de la corruption sexuelle, en sensibilisant et en harmonisant les pratiques de dénonciation entre les OSC, médias, magistrats et forces de l’ordre. « Cette harmonisation est essentielle pour garantir que toutes les plaintes soient correctement reçues, traitées et sanctionnées, sans se perdre dans les méandres de l’indifférence », a-t-il indiqué.
Grâce à ce projet, le HCPC, a confié son représentant, voit une opportunité concrète de traduire la prévention en actions tangibles, que ce soit dans les universités, les administrations, les entreprises ou les espaces publics. « La République ne tolérera plus aucun abus de position de pouvoir, et chaque citoyenne, qu’elle soit étudiante ou employée, doit pouvoir exercer ses droits en toute sécurité et dignité », a conclu Dr Atadé.
La Rédaction





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