Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Dettes héritées envers les travailleurs : : La guerre des données (Talon en parle, Yayi n’est d’accord, Toboula et Kouché à la rescousse)

«Depuis 2016 sur un total de 94 milliards de FCFA de dettes héritées envers les travailleurs, le Gouvernement a déjà payé, à ce jour, 52 milliards FCFA. De même, pour 49 milliards FCFA de dettes envers les retraités, nous avons déjà pu payer 26,7 milliards FCFA. A cela s’ajoutent 6,9 milliards FCFA de prime exceptionnelle de motivation aux agents de la santé et 1 milliard FCFA de prime de risque.
En somme, sur un total global de 173 milliards FCFA dus aux travailleurs et retraités avant 2016, 87 milliards FCFA ont été effectivement payés, soit plus de 50% de niveau de paiement.
Maintenir le dialogue avec nos partenaires sociaux et toutes les couches de la population, est l’un des leitmotivs qui sous-tendent l’action de notre gouvernement. C’est fort de cette dynamique que ce vendredi matin au palais de la marina, j’ai reçu les sept (7) Secrétaires généraux confédéraux, afin d’échanger avec eux sur les efforts du Gouvernement relativement à la satisfaction des besoins des travailleurs.
Au terme de nos échanges, nous avons décidé avec effet immédiat de prendre en charge des dettes de 15 milliards FCFA découlant des effets d’engagements divers pris avant 2016 et qui n’étaient pas encore payés jusqu’ici.
Ces efforts considérables ne sont que la résultante des reformes mises en œuvre et des efforts consentis par chaque Béninoise et chaque Béninois ces dernières années.
Je suis conscient de l’immensité des enjeux de développement qui s’imposent à notre pays, mais comme à mon habitude, je veux nous rassurer, qu’à l’encre d’efforts acharnés, nous pouvons, nous devons et nous continuerons d’écrire ensemble les prochaines pages du livre de la révélation de notre beau pays, le Bénin.
Aussi voudrais-je féliciter tout le peuple béninois dont le travail acharné et le soutien permettent de faire ces efforts remarquables au profit de nos travailleurs. »
Patrice Talon

« Je viens de prendre connaissance de la publication du Président Talon et je souhaiterais apporter ma modeste contribution.
Je voudrais demander au Seigneur de toucher son cœur pour qu’il se rapproche de ses concitoyens pour leur dire exactement ce qu’il a fait.
Je prie pour que le Président TALON fasse la volonté du peuple. Qu’il puisse créer les conditions de paix, de stabilité, de sécurité pour tous, tout en garantissant l’État de droit, la démocratie, le respect des droits de l’homme, les libertés fondamentales, la liberté de presse et d’expression. Nous attendons de lui qu’il puisse mettre en place cet environnement pour permettre l’épanouissement de tous les citoyens pour faire de notre pays un havre de paix et une destination attractive pour tous les citoyens du monde.
Je rêve d’un Bénin de transformation radicale sur le plan politique, économique et sociale pour le bonheur de tous et non celui d’un clan.
En ma qualité d’ancien Président du Bénin, prédécesseur immédiat du Président Talon, sur la base des informations qui m’avaient été communiquées par les ministères de tutelle d’alors, je ne me reconnais pas sur une quelconque dette ou arriérés validés en Conseil des ministres à l’endroit des travailleurs. Si ceci se confirmait, les engagements pris de manière consensuelle avec les travailleurs sont soumis aux principes de la continuité de l’État. Ce qui a conduit, et le Président Talon le sait, mon régime à apurer les arriérés salariaux de 180 milliards laissés par les régimes précédents à celui de 2006 au nom de la continuité de l’État. Mieux je rends grâce à Dieu, le Père Céleste d’avoir accompagné nos efforts pour améliorer sensiblement leurs conditions de travail et garantir leur sécurité pour un futur radieux, les travailleurs le savent et les enseignants en particulier de la Maternelle jusqu’au Supérieur.
Je suis alors surpris d’apprendre que mon régime a laissé une telle dette à l’endroit de ces travailleurs, cheville ouvrière de la République, qui ont été la cible majeure de mon action à la tête du pays (conditions salariales, primes, pensions, retraites, motivations, formations, contenus pédagogiques, infrastructures scolaires, universitaires et sanitaires, sécurité humaine etc.).
Je suis d’autant plus surpris que dans sa déclaration le Président n’a pas fait allusion au sort réservé aux nombreux travailleurs victimes des licenciements abusifs dans la fonction publique et l’administration depuis 2016 et surtout dans le corps des enseignants, piliers et âmes de notre pays. Nul besoin aussi de faire référence à la loi sur l’embauche qui a eu comme principale conséquence de précariser l’emploi des travailleurs de notre pays.
Je souhaite que le Président Talon se rapproche de Dieu pour que le plan de développement et de paix que le Tout Puissant des Cieux et de la Terre a réservé au peuple Béninois du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest se réalise à travers sa gouvernance dans tous les compartiments.
Bonne chance au Président Talon en cette période sensible où le peuple Béninois doit exercer librement sa souveraineté au cours du prochain scrutin Présidentiel souhaité inclusif, équitable et transparent. Ce sera la seule manière démocratique de savoir l’appréciation du peuple sur ce qu’il a fait à la tête de notre nation au cours des cinq dernières années.
Comme j’ai eu à le faire par le passé à la veille des Législatives exclusives, en ma qualité de son ainé dans la fonction Suprême, je lui recommande de tirer leçon des perturbations graves liées aux dernières Législatives et Communales exclusives pour qu’enfin le Peuple béninois jouisse de son droit inaliénable à choisir librement le citoyen qualifié pour présider nos destinées au cours des cinq prochaines années. Ceci suppose alors la suppression des barrières et verrous de tout genre, porteurs de germes d’exclusion car ils sont sources de destruction de toute nation. Puisse DIEU, Tout Puissant, bénir notre Patrie commune et notre vivre ensemble. »
Yayi Boni

«Bonjour chèrs tous. J’étais syndicaliste sous la Gouvernance Yayi. En prenant seulement les dettes issues de la revalorisation du point indiciaire de 25 pour cent au profit des travailleurs du ministère des finances à la suite de l’affaire Dangnivo ce qui nous avait conduit à la création de la Coallition des Organisations Syndicales de de l’Administration Publique (COSYNAP) dont j’étais membre fondateur et secrétaire administratif, je peux affirmer que son régime avait bel et bien laissé des dettes.
Mieux, il y avait une grande injustice dans l’octroie des primes de motivation allant d’un ministère à un autre. Nous avons en son temps réclamé l’harmonisation des primes au sein de l’administration publique. Les incidences financières découlant de cette revalorisation ont été planifiées pour être apurées en fin de mandat en 2016 mais malheureusement elles n’ont pas été apurées.
Le reversement opéré en son temps a gonflé l’effectif de la fonction publique et a l’époque, bien que faisant parti des cadres reversés, nous avons fustigé la tournure politique extrême de ce dossier et nous nous sommes battu en vain pour freiner l’élan du Gouvernement à cette époque au risque même de créer des inimitiés avec nos camarades travailleurs car nous avions exigé qu’au moins un test soit organisé au profit des agents pour jauger un peu de leur niveau avant le reversement mais hélas. C’est un devoir de vérité. Dieu bénisse notre pays. Éphésiens 4-25 »
Modeste Toboula

“Ma réaction au sujet des arriérés payés aux fonctionnaires : Encore une pure #invention de chiffres

Le Chef de l’Etat et son gouvernement auraient payé environ 87 milliards de nos francs d’arriérés aux fonctionnaires de l’Etat et aux retraités. Si ces arriérés étaient réels, cela suppose qu’ils figurent comme passifs dans les comptes de l’Etat. En effet, les règles en matière de gestion de la dette exigent que tout arriéré en monnaie locale dont la durée dépasse 90 jours soit comptabilisé dans l’encours de la dette intérieure.

Dans mon obligation d’éclairer le peuple en tant que dernier Ministre des Finances du président Boni Yayi, je me suis exercé à faire une appréciation analytique des chiffres contenus dans les documents officiels du gouvernement lui-même. Dire simplement que le régime Boni Yayi n’a jamais laissé de tels arriérés pourrait amener beaucoup à penser que je suis dans l’auto-défense. J’ai alors choisi de confondre le gouvernement sur son propre terrain avec ses propres données.

J’ai d’abord fait recours au #bulletin statistique de la dette publié par la Caisse Autonome d’Amortissement au 30 juin 2020. Il en ressort que la dette privée, ainsi que figurant dans ledit bulletin, est constituée de 76,92% d’emprunt obligataire, de 7,14% de bons de trésor, et de 15,93% de financement bancaire (voir graphique 1 à la page 17 dudit bulletin). Il n’apparait aucune trace des arriérés faramineux annoncés par le premier magistrat de notre pays.

Ensuite, j’ai procédé à une analyse des chiffres contenus dans le Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuel (DPBEP) 2021-2023 élaboré par le Gouvernement béninois en mai 2020. Cet exercice révèle que les variations marginales nettes cumulées des dépenses salariales entre 2015 (dernière année plein exercice de Boni Yayi) et 2019 (dernière année de plein exerce de Patrice talon), n’ont été que 24,9 milliards de nos francs.

Ce montant déjà très loin des 87 milliards annoncés, devrait être normalement en lien avec entre autres, les effets financiers des glissements catégoriels et des avancements automatiques. Mais une estimation rationnelle des données permet de postuler que ce montant ne couvrirait même pas le cumul des salaires politiques qui restent jusque-là, un mythe.

Dans quels comptes se cachent alors les arriérés du Chef de l’Etat et à qui les 87 milliards ont-ils été payés ?

Les fonctionnaires béninois devront dire au peuple béninois comment ont-ils pu bénéficier d’une telle générosité, pour que leurs conditions se soient dégradées, au regard des témoignages ambiants qui restent, qu’on le veuille ou non, un baromètre de toute gouvernance publique.

Au demeurant, on peut déduire que, non seulement les traces des dépenses au titres desquelles ces fameux 87 milliards de francs CFA auraient été engagés n’existent nulle part dans les comptes publics élaborés par le gouvernement lui-même, mais aussi que les fonctionnaires de l’Etat n’ont connu aucune embellie de leur situation salariale. En clair, il s’agit d’une invention.

En conclusion, le Président de la République a, soit été induit en erreur, soit mal lu sa fiche, soit fait économie de vérité, ou soit manipulé l’opinion publique. Quel que soit le cas de figure, cela reste indigne de la seule institution légitime que compte encore le Benin et qu’il incarne.

Aussi parait-il surprenant que ce soit pour la première fois que ce chiffre fait sa subite apparition alors même que le sport favori du régime en place a toujours été de peindre en noir, les acquis des deux quinquennats Boni Yayi dont plus de 90% des acteurs se sont recyclés dans la rupture.

D’ailleurs il n’y a aucune espèce de crédit à accorder à ces propos du Chef de l’Etat dans lesquels il affirme urbi orbi que les recettes de l’Etat se sont améliorées ‘’malgré la fermeture des frontières du Nigeria’’ alors même que les chiffres officiels indiquent le contraire et que dans la pratique, le Benin se trouve obligé de s’endetter chaque mois sur le marché régional. Encore une belle occasion de se taire vient d’être ratée.”

Komi KOUTCHE