Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Justice et foncier au Bénin : Osse Casimir interpelle le président Patrice Talon !

Depuis sa cellule, Osse Casimir adresse une lettre ouverte au chef de l’État béninois pour dénoncer ce qu’il considère comme une détention illégale liée à une affaire foncière impliquant des domaines publics. Il réclame sa libération et l’ouverture d’une enquête approfondie.

À Cotonou, un détenu attire l’attention sur son dossier judiciaire à travers une lettre ouverte adressée au président de la République, Patrice Talon. Osse Casimir, incarcéré depuis fin novembre 2025 à la Maison d’arrêt de la capitale économique, conteste la légalité de sa détention et dénonce un vaste réseau d’irrégularités foncières impliquant des parcelles appartenant à l’État.

Dans son courrier, il décrit les circonstances de son incarcération et accuse certaines structures administratives d’avoir facilité des manipulations de documents.

« Je suis Osse Casimir, détenu à la Maison d’Arrêt de Cotonou depuis le 27 novembre 2025. Par cette lettre ouverte, je porte à votre haute attention une affaire grave d’appropriation et de vente illégale de domaine public de l’État béninois, sis à Cotonou, sur près de cinq hectares. Cette mafia foncière, qui éclabousse notre ville depuis 2019, mérite votre intervention directe pour préserver les intérêts publics et illustrer votre engagement inflexible contre la corruption », peut-on lire dans la lettre.

Le détenu affirme avoir alerté les autorités compétentes, notamment le directeur général de l’IGN, et évoque des pressions subies dans le cadre de cette affaire.

« J’ai immédiatement alerté le Directeur Général de l’IGN par correspondance, exigeant une confrontation et rappelant les risques d’une telle mutation. Ce dernier a usé de relations pour intégrer ces faux aux archives de la Préfecture de Cotonou, absents lors du transport judiciaire antérieur. Depuis, je fais l’objet de menaces de mort incessantes. », soutient-il.

Osse Casimir indique également s’être constitué partie civile dans la procédure n° 833/2024 devant la Cour spéciale des affaires foncières, avec l’appui de ses conseils.

« Me constituant partie civile dans la procédure n° 833/2024 devant la 3ème section de la Cour Spéciale des Affaires Foncières (CSAF), mon avocat Me Hippolyte YEDE a dénoncé ces faits dans ses conclusions. Malgré ces détails, il a été ordonné ma garde à vue de 8 jours au commissariat de Wxlacodji. Après audition par l’OPJ en charge de l’affaire sur ses questionnaires, j’ai fourni toutes les preuves. », se désole le prévenu.

Il conteste ensuite la décision judiciaire ayant conduit à son placement sous mandat de dépôt, qu’il estime en contradiction avec des décisions antérieures.

« Excellence M. le Président, le 27 novembre 2025, en présence de Mes Magloire Yansunnu et Hippolyte YEDE, un mandat de dépôt m’a été décerné – contredisant le jugement avant dire droit n° 040/2è DPF-19 du 02 juillet 2019 qui avait validé l’authenticité de mes documents lors d’un transport judiciaire, protégeant apparemment des intérêts privés, via l’arrêté n° 2/919/DEP-ATL/CAB/SAD du 31/12/2002 lui attribuant la parcelle « C » du lot 3186 », va-il poursuivre.

Dans la conclusion de sa lettre, il en appelle directement à l’intervention du chef de l’État pour faire la lumière sur le dossier et obtenir sa remise en liberté.

« Monsieur le Président, ce mandat de dépôt vise à me réduire au silence jusqu’à la fin de votre mandat. (…) J’ai saisi le DSLD, la Cellule de traitement des plaintes, les ministères de la Justice et des Finances, ainsi que l’ANDF. À moins de quatre mois de la fin de votre second mandat, je vous conjure de suivre ce dossier de près, comme vous l’avez fait pour les 39 hectares illégalement vendus à Abomey-Calavi. Libérez-moi et ordonnez l’exécution du PV d’audition de l’OPJ pour que la vérité éclate », conclut-il.

Cette lettre relance le débat sur la gouvernance foncière et la transparence judiciaire au Bénin, dans un contexte où les litiges liés au domaine public et aux transactions immobilières demeurent fréquents et sensibles.