Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Appropriation et vente illégale de domaine public de l’Etat: Le regard de Patrice Talon interpellé sur ce dossier

Une présumée affaire de mafia foncière éclabousse la ville de Cotonou depuis peu. Bien que n’ayant pas fait objet de tollé au sein de l’opinion publique, ce dossier d’appropriation et de vente illégale de domaines publics de l’État mérite une attention particulière.

Selon les informations qui nous sont parvenues, il s’agit d’une dénonciation qui est en train d’être étouffée. Le dénonciateur OSSE Casimir aurait soulevé des irrégularités qui cachent un nid de faux. Mais à défaut d’être salué pour son patriotisme, il se retrouve derrière les barreaux. Des sources proches du dossier (dénonciateur) nous ont confié que l’affaire a commencé depuis 2019 et a même fait l’objet d’un jugement Avant- Dire- Droit (ADD N°040/2è DPF-19 du 02 juillet 2019).

Le rapport qui en découle a confirmé les faits. Alors, qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’issue favorable à ce jour? Au point où un honnête citoyen se retrouve injustement en prison pour avoir dénoncer une irrégularité?

Selon les informations qui sont parvenues à notre rédaction, OSSE Casimir a récemment adressé des correspondances à plusieurs institutions de l’état au sujet du dossier. Il s’agit du service de renseignement de la présidence de la République (DSLD), la Cellule de traitement et de gestion des plaintes et Dénonciations, du ministère de la justice, du ministère de l’économie et des finances, de l’Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF). Cette démarche vise à inviter l’exécutif afin que lumière soit faite dans sur cette affaire.

A moins de quatre (04) mois de la fin de son deuxième et dernier mandat, le Président de la république Patrice Talon est appelé à s’intéresser de près à ce dossier pour une fois encore montrer à la face du monde son attachement à la lutte contre la Corruption au Bénin. Pour rappel, le chef de l’État avait déjà apporté un soulagement aux populations dans une affaire similaire dans la commune d’Abomey Calavi concernant les 39 hectares illégalement appropriés et vendus.

 

Lettre ouverte au Président de la République, Son Excellence Patrice Talon

Cotonou,le 09 février 2026

DOSSIER : CSAF/2025/RP/4074
Du 27 novembre 2025
Maison d’Arrêt de Cotonou
Pour : Faux et usage de faux en écriture publique

Monsieur le Président de la République,

Je suis Osse Casimir, détenu à la Maison d’Arrêt de Cotonou depuis le 27 novembre 2025. Par cette lettre ouverte, je porte à votre haute attention une affaire grave d’appropriation et de vente illégale de domaine public de l’État béninois, sis à Cotonou, sur près de cinq hectares. Cette mafia foncière, qui éclabousse notre ville depuis 2019, mérite votre intervention directe pour préserver les intérêts publics et illustrer votre engagement inflexible contre la corruption.

En juin 2019, j’ai découvert fortuitement une demande de mutation de nom (n° 624 du 06/04/2010), déposée à l’Institut Géographique National (IGN) de Cotonou par Félix Todé TOMALE, liquidateur de la succession de feu Todé TOMALE. Cette demande repose sur quatre arrêtés préfectoraux falsifiés, portant sceaux de l’État et imitation de la signature de l’ex-Préfet Barnabé DASSIGLI. Le rapport du géomètre expert feu DJINADOU confirme que ces parcelles ne relèvent nullement du domaine des héritiers, jugé en 1975.

J’ai immédiatement alerté le Directeur Général de l’IGN par correspondance, exigeant une confrontation avec M. TOMALE et rappelant les risques d’une telle mutation. Ce dernier a usé de relations pour intégrer ces faux aux archives de la Préfecture de Cotonou, absents lors du transport judiciaire antérieur. Depuis, je fais l’objet de menaces de mort incessantes.

Me constituant partie civile dans la procédure n° 833/2024 devant la 3ème section de la Cour Spéciale des Affaires Foncières (CSAF), mon avocat Me Hippolyte YEDE a dénoncé ces faits dans ses conclusions. Malgré ces détails, il a été ordonné ma garde à vue de 8 jours au commissariat de Wxlacodji. Après audition par l’OPJ en charge de l’affaire sur ses questionnaires, j’ai fourni toutes les preuves.

Excellence M. le Président, le 27 novembre 2025, devant le Procureur spécial de la CSAF, en présence de Mes Magloire Yansunnu et Hippolyte YEDE, un mandat de dépôt m’a été décerné – contredisant le jugement avant dire droit n° 040/2è DPF-19 du 02 juillet 2019 qui avait validé l’authenticité de mes documents lors d’un transport judiciaire, protégeant apparemment des intérêts privés, via l’arrêté n° 2/919/DEP-ATL/CAB/SAD du 31/12/2002 lui attribuant la parcelle « C » du lot 3186.
Monsieur le Président, ce mandat de dépôt vise à me réduire au silence jusqu’à la fin de votre mandat. Le Parquet spécial, chargé de défendre le domaine public, semble favoriser les particuliers. J’ai saisi le DSLD, la Cellule de traitement des plaintes, les ministères de la Justice et des Finances, ainsi que l’ANDF. À moins de quatre mois de la fin de votre second mandat, je vous conjure de suivre ce dossier de près, comme vous l’avez fait pour les 39 hectares illégalement vendus à Abomey-Calavi. Libérez-moi et ordonnez l’exécution du PV d’audition de l’OPJ pour que la vérité éclate.

Dans l’attente de votre haute intervention, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée et de mon attachement indéfectible à la lutte contre la corruption au Bénin.

Osse Casimir
Détenu à la Maison d’Arrêt de Cotonou