Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Investiguer sur la corruption sexuelle et la sextorsion: SOS Civisme Bénin et Banouto renforcent les capacités de 50 journalistes

Sous l’impulsion du consortium SOS Civisme Bénin – Banouto, une cinquantaine de professionnels des médias ont été formés à l’investigation sur la corruption sexuelle et la sextorsion. Entre Grand-Popo et Parakou, une nouvelle dynamique de presse s’est installée pour briser le silence sur ces fléaux. C’est dans le cadre du projet « Stop corruption, stop VBG ».

La corruption ne porte pas toujours le visage de l’argent. Parfois, elle prend une forme plus insidieuse et traumatisante : celle de la corruption sexuelle et de la sextorsion. Pour contrer ces dérives qui touchent majoritairement les femmes et les jeunes filles, le consortium constitué de l’ONG SOS Civisme Bénin et du média en ligne Banouto a franchi une étape décisive en février 2026.

Dans le cadre du projet « Stop corruption, Stop VBG », soutenu par l’Agence Française de Développement (AFD) via Expertise France, deux cohortes de journalistes (Sud et Nord) ont été outillées pour transformer ces sujets tabous en véritables dossiers d’enquête.
Les ateliers se sont tenus du 18 au 20 février à Grand-Popo et du 23 au 25 février à Parakou. L’ambition était claire: donner aux professionnels des médias les clés pour enquêter sur ces thématiques sensibles sans nuire.

 

Car, comme l’a souligné Lionel Gbègonnondé, conseiller à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), représentant le président de l’institution, Edouard Loko, au lancement de la formation à Grand-Popo le 18 février, le journalisme d’investigation joue un rôle déterminant dans la démocratie. Mais enquêter sur des phénomènes qui touchent à l’intimité, à la dignité humaine et aux abus de pouvoir exige des compétences renforcées, une grande rigueur professionnelle et un sens élevé des responsabilités. Saluant la pertinence et l’opportunité de l’initiative, le représentant du président de la HAAC, a souhaité qu’elle puisse doter les participants d’outils techniques, juridiques et éthiques indispensables pour traiter ces sujets avec professionnalisme.

La formation a mis l’accent sur trois piliers essentiels : l’approche centrée sur la survivante pour éviter la double victimisation lors des interviews, l’éthique journalistique et la santé mentale du reporter, un aspect souvent occulté, mais crucial face à la dureté des témoignages recueillis.

L’outillage ne s’arrête pas à la théorie. Les 50 journalistes sélectionnés bénéficieront d’un appui pour produire des enquêtes de terrain. L’ambition est de faire de la presse un véritable rempart contre l’impunité. Pour Estelle Akpa N’Kakou, représentante du consortium SOS Civisme Bénin-Banouto, l’engagement doit être total. Elle a exhorté les participants à devenir des acteurs de changement pour contribuer à mettre fin à la corruption sexuelle et la sextorsion au Bénin.

Le projet « Stop corruption, Stop VBG », mis en œuvre par le consortium SOS Civisme Bénin – Banouto avec l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD) via Expertise France. Les activités seront déployées dans les communes de Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi et Parakou. Lancé en octobre 2025 pour une période de 18 mois, le projet vise à réduire la corruption et les violences basées sur le genre, avec un accent sur la corruption sexuelle et la sextorsion qui touchent principalement les femmes et les jeunes filles.