Le Journal de NOTRE EPOQUE

Journal béninois d’investigation, d’analyses et de publicité – Récépissé N° 953/MISPCL/DC/DAI/SCC du 27 mars 2007

Bénin-Égypte : les Guépards à l’épreuve du monument africain

Le Bénin joue très gros ce lundi 05 janvier 2025. En huitième de finale de la CAN 2025, Steve Mounié et ses coéquipiers défient l’Égypte, référence du football africain. Sur le papier, l’affiche semble déséquilibrée. Sur le terrain, elle ne l’est pas forcément. À l’heure d’aborder ce rendez-vous décisif, une certitude s’impose, le Bénin n’est plus là pour faire de la figuration.

Un parcours béninois construit dans la rigueur

Depuis le début du tournoi, la sélection béninoise avance avec méthode. Sans bruit, mais avec constance. Organisation défensive solide, discipline tactique et état d’esprit irréprochable, les Guépards ont bâti leur parcours sur des bases claires. Chaque match a renforcé leur confiance. Cette équipe sait ce qu’elle veut et, surtout, ce qu’elle ne veut plus être. Fini le rôle de la victime résignée. Le Bénin joue ses matchs avec sérieux, accepte les temps faibles et exploite les espaces quand ils se présentent. Dans une CAN souvent imprévisible et surtout face à une Égypte parfois fébrile, cette maîtrise est un atout majeur.

L’Égypte, un favori sous pression

L’Égypte arrive avec son statut, son palmarès et ses habitudes de phases finales. Sept titres continentaux, une expérience incomparable, et une exigence de résultat permanente. Mais cette CAN 2025 a aussi montré une équipe égyptienne parfois laborieuse, moins dominante qu’attendu, obligée de gérer plus qu’elle n’impose.

C’est là que réside l’opportunité béninoise. Car dans un huitième de finale, le poids du passé peut devenir un fardeau. Plus le match avance, plus la pression change de camp. Et si le Bénin tient, si le score reste serré, le doute peut s’installer chez les Pharaons. Néanmoins, affronter l’Égypte c’est se mesurer à une sélection qui s’appuie sur des joueurs habitués aux très grands rendez-vous. Les Pharaons disposent d’un effectif riche, structuré autour d’un noyau de joueurs locaux et de cadres expérimentés capables de faire basculer une rencontre sur une séquence.

Mohamed Salah reste la figure centrale de cette équipe. Son influence dépasse les statistiques. Par ses appels, ses décrochages et sa capacité à créer le danger dans des espaces réduits, il attire en permanence l’attention des défenses adverses. Même lorsqu’il est discret, il pèse sur l’organisation collective. Derrière lui, l’Égypte peut compter sur des joueurs tels que Marmoush, Zizo, Mostapha Mohamed ou encore Aymen Ashour.

Le milieu de terrain comme champ de bataille

Le cœur du jeu sera déterminant. Sessi d’Almeida, Imourane Hassane et Dodo Dokou devront livrer un combat intense au milieu, couper les circuits de passes et empêcher l’Égypte de s’installer confortablement. Cette bataille tactique et physique est connue, préparée, assumée.

Les Guépards ont montré qu’ils savaient fermer les espaces et gêner des équipes plus techniques tels que le Sénégal qui n’a réussi qu’à marquer que sur un coup de pied arrêté et deux erreurs défensives béninoises. Dans ce registre, la solidarité collective béninoise peut faire la différence, surtout face à une équipe égyptienne qui voudra contrôler le tempo.

Une occasion rare pour le football béninois

Ce huitième de finale dépasse le simple cadre sportif. Il représente une opportunité historique pour le football béninois. Battre l’Égypte enverrait un signal fort à l’ensemble du continent. Celui d’une sélection en progression, consciente de ses forces, et désormais capable de rivaliser sans complexe.

Le Bénin n’a rien à perdre, mais beaucoup à gagner surtout face à une sélection qu’il n’a jamais battu (3 défaites, 1 match nul). Ce lundi, les Guépards ne joueront pas seulement contre l’Égypte. Ils joueront pour une génération, pour la reconnaissance du travail de Gernot Rorh, et pour écrire l’une des plus belles pages du football béninois.

Monge Bankole